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Publié : 20 janvier 2016
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Un poète engagé

« ...Sur la santé revenue

Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom
Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté. »

Quand il publie ce poème en 1942 dans Poésie et vérité, un recueil clandestin, Paul Eluard est déjà un auteur de renom et sait les risques qu’il prend. Lui, un homme engagé de la première heure, il sait que sous la botte nazie et un régime collaborationniste, la liberté d’écrire et de penser se paie au prix du sang. Et que même publié sous le manteau, un tel poème peut lui valoir un billet aller sans retour vers la déportation. Plus dangereux encore pour leur auteur, les vingt et une strophes de « Liberté », seront parachutées par des avions anglais au-dessus de la France. Une consécration mais un risque suprême.

Mais qui était cet homme ?
Pilier du surréalisme, mouvement littéraire et politique qui révolutionna l’art au XXè siècle, Paul Eluard n’est pas né à Nanterre, mais à Saint-Denis le 14 décembre 1895. Très jeune, une santé physique délicate l’handicape. C’est au sanatorium suisse où il est contraint de séjourner dès l’âge de 16 ans que le jeune Paul croise une jeune russe de son âge en exil, Helena Diakonova, vite surnommée par ses soins Gala. Une jeune fille qui l’impressionne au point de le pousser à écrire des poèmes d’amour à elle dédiés. A sa majorité en décembre 1916, Paul épouse Gala qui va allier à la plénitude de son amour une profonde remise en case du monde. Elle passera par son adhésion au mouvement Dada et au surréalisme. Fasciné par le langage, il se plie à une règle surréaliste que résumé la phrase de Lautréamont : « La poésie doit être faite par tous, non par un. »

1928 marque sa rupture avec Gala, qui deviendra la médiatique compagne du peintre Salvador Dali, après avoir été la maîtresse de Max Ernst. Eluard croise alors la route d’une artiste de music-hall d’origine alsacienne, surnommée « Nusch » : ils se marieront en 1934.
Quoique exclu du parti communiste, Eluard ne cesse de s’engager, notamment pour soutenir la République espagnole, en compagnie de son ami et génie du pinceau : Pablo Picasso. En 1931, il avait déjà fait parler de lui car, s’insurgant contre l’Exposition coloniale organisée à Paris, Eluard avait signé un tract où était écrit : « Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile ».

En janvier 1942,il signe donc Liberté et ces vers passés à la postérité  : « Je suis né pour te connaître/ Pour te nommer/ Liberté » qui ont marqué des générations d’amoureux de la poésie et des vers d’un artiste mort en 1952 et dont le corps repose au Père-Lachaise. Un poète

C’est dire que, pour un collège, porter le nom d’un tel poète exige d’en être digne.
« Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom »